architecture bois Jean Julien-Laferriére
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  extensoin arriére
Avec sa façade sud en double hauteur protégée par un grand brise-soleil, l'extension de ce pavillon s'inscritaux exactes limites
de largeur du terrain : 4,60 m.
Côté rue, l'ancien bâti offre l'image typique des quartiers pavillonnaires de l'Ouest parisien. Pour cette famille de trois enfants, l'exiguïté du lieu devenait difficile à vivre. façade avant

LA REPONSE AUX CAS DIFFICILES
  maison bois
Quand l'exiguïté des lieux et les difficultés d'accès posent de véritables problèmes de construction, le bois s'impose naturellement et intelligemment.
 
Avec trois jeunes enfants, cette famille se sentait bien à l'étroit
dans son petit pavillon de Meudon, en région parisienne. Deux toutes petites pièces en rez-de-chaussée, une chambre avec salle de bains à l'étage et les combles sous les toits pour loger tout le monde. Pas de salon, ni beaucoup de luminosité, mais une longue bande de terrain à l'arrière où les enfants pouvaient jouer en toute quiétude et les parents profiter pleinement de leur coin de verdure. À quelques kilomètres de la capitale, ces atouts sont loin d'être négligeables.
Pourtant, les nécessités d'une vie familiale sereine imposaient la conquête de nouveaux espaces habitables.Le couple ne l'avouera qu'à la fin du chantier, mais s'il n'a jamais douté de l'emploi du bois en matériau de construction, il restait plus dubitatif quant à la forme du projet. Jean Julien-Laferrière a, en effet, choisi de répondre de façon habile aux contraintes du site. Plutôt que de greffer un nouveau volume sur la façade côté jardin et de pasticher avec plus ou moins de bonheur l'existant, il a préféré concevoir un plan qui prend de la distance avec le bâti initial et joue le parti d'une différenciation esthétique très marquée entre les deux volumes.
  mezzanine
Aux petites pièces et à la faible luminosité de la vieille maison, l'architecte a choisi d'opposer de grands espaces très clairs. Le patio intermédiaire permet de conserver l'ensoleillement du premier bâti.

Les nouveaux volumes sont couverts de toitures-
terrasses pour préserver l'ensoleillement de la
première maison et sont bardés en pin douglas traité.


La nouvelle répartition des volumes permet d'isoler la chambre des parents sur la mezzanine, avec une salle de bains attenante. Toujours dans un soucis d'économie d'espace, l'emprise de l'escalier est limitée au juste nécessaire.
 
extension escalier hélicoïdal


Le couloir de liaison entre les deux
volumes a été aménagé en une cuisine
toute en longueur, pour exploiter au
mieux le moindre mètre carré.
EPAISSEUR
cuisine perspective
  L'architecte devait faire face à deux contraintes majeures. La bande de terrain ne mesurait que 4,60 m de largeur en limite de propriété, et elle n'était accessible qu'en traversant la maison existante. Dans un espace aussi exigu, l'épaisseur des murs est un facteur important. En effet, la différence entre béton et bois donne un net avantage à ce dernier. Il se traduit par une surface supérieure de 7 à 8 %, soit 55 m² habitables avec le bois, alors qu'avec des murs plus larges, en béton, les propriétaires n'auraient pu obtenir que 50 m². Et, à la revente, la plus-value est loin d'être négligeable. Ici, le second atout d'un système constructif en bois réside dans sa préfabrication et sa légèreté.


L'extension est posée sur des plots. Pas de terrassement, de déblais à évacuer, de fondations profondes, d'engins lourds, ni de chantier boueux et sale. Le peu de terre décapée pour creuser les massifs bétonnés des plots a été régalé sous la structure. Un voisin a aimablement consenti à laisser accéder durant quelques heures un camion qui a déchargé les murs préfabriqués directement sur la parcelle. Le reste des matériaux a été acheminé en traversant une maison vide de ses occupants, partis en vacances pour éviter les nuisances. Une phase de construction rapide, propre et à l'impact très limité sur le terrain fort appréciable dans une telle situation.
 
EQUILIBRE
Le parti de l'architecte fut de conserver la maison ancienne dans toute son originalité. Ne pas en modifier les ouvertures, ni en obstruer la vue et l'ensoleillement par l'extension. Pour tenir cet objectif, il a imaginé un second volume sur deux niveaux, implanté plus loin sur l'étroite bande de terrain. Les deux maisons sont reliées par un couloir de plain-pied, avec des toitures-terrasses qui limite l'impact visuel. Dans l'ancien bâti, les seules modifications ont consisté à rabaisser l'allège d'une fenêtre pour la transformer en une porte. Pour économiser l'espace, le couloir de liaison est équipé de tous les appareils électroménagers et plans de travail d'une cuisine linéaire, uniquement destinée à la préparation des repas.

Le nouveau volume habitable, salon en rez-de-chaussée et chambre des parents avec salle de bains en mezzanine, offre une tout autre ambiance. De grandes baies vitrées sur toute la hauteur permettent d'obtenir un espace ouvert, généreux et lumineux qui affiche une franche opposition avec le premier bâti. Au centre du nouvel ensemble, un patio est recouvert d'un platelage de pin autoclavé et bordé d'une jardinière en pleine terre. Il est en contact direct avec les différents volumes de cette maison et offre un espace extérieur agréable, sans vis-à-vis. Les enfants ont, quant à eux, conservé leur espace de jeux, en bout de parcelle.
  salon détai plancher A la recherche d'une luminosité maximale, l'architecte n'a négligé aucun détail. Ces poteaux en lamellé-collé présentent de fines largeurs, bien moins masquantes que des formes carrées. Double vitrage feuilleté anti-effraction et terrasses en pin autoclavé
Espace et luminosité sont au rendez-vous et complètent habilement ce petit pavillon d'un autre temps.
 
L'extension et le patio reposent sur quelques plots maçonnés et un plancher technique réglé à l'altitude de l'ancienne maison, 40 cm au-dessus du terrain naturel, que l'on retrouve par quelques marches à l'extrémité du nouveau volume. Les réseaux d'alimentation et d'évacuation rejoignent la cave du vieux bâti. La maison est construite en murs à ossature bois, aux limites de la propriété. Quelques poteaux et poutres en lamellé collé portent la mezzanine et libèrent de grandes surfaces vitrées. La nouvelle distribution laisse l'ancienne maison aux enfants, séparée des pièces de vie et de la chambre des parents. Cette extension, d'une surface de 55 m² a été livrée clef en main, avec les terrasses, pour 90 000 € TTC.

Architecte : Jean Julien-Laferrière - Architecte à Lyon (69)
  plan plan
 
Nous remercions la rédaction de  Maisons & Bois International
pour leur aimable autorisation de publication.
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