architecture bois Jean Julien-Laferriére
Architecte DPLG
Maison Extension Collection Presse Actualités Contact
     Accueil  > Presse  Maison & Bois N°56
Lire les articles > 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21
  À BRAS OUVERTS lauréat grand espace Cette oasis de bois a séduit le public d'Angers et mérite sans aucun doute son nom de "A bras ouverts". Longue et imposante structure, la légèreté du matériau a permis de bâtir sur un terrain gorgé d'eau cette maison sur pilotis.Photos : Denis Svartz - Texte : Vincent Girardet
  charpente traditionelle ossature bois
  Une maison qui mérite bien son nom, elle déploie ses grands bras pour encadrer la mare juste devant elle.
  lames d'ulmo Des lames d'ulmo, posées à l'horizontale, composent
le bardage de l'ensemble de la maison. N'ayant reçu aucun traitement, au fil du temps et des intempéries une patine grise va apparaître. Formant la terrasse, le bois exotique
a été spécialement rainure pour éviter tout risque de glissade. Posées selon des sens différents, les lames donnent du rythme à la maison.
terasse
Une plage de bois, de l'eau et des
nénuphars, le farniente et l'évasion
ne sont jamais bien loin.
  nuit nuit
  La nuit l'éclairage souligne les formes de la maison
dont la façaderougeoyante se reflète dans l'eau.
  Après la première place en 2002 dans la catégorie "extension", Jean Julien-Lafernère s'illustre à nouveau. Cette année, c'est le grand public qui le récompense par un vote massif, révélateur des tendances profondes en faveur de la maison. L'architecte saute une classe et passe directement chez les grands... espaces. "Je pense que le côté expressif et une architecture assez déliée ont joué en ma faveur. Il y a sans doute eu l'aspect relationnel entre l'architecture elle-même et l'aménagement extérieur. Car j'attache beaucoup d'importance au fait d'intégrer une maison dans son environnement", commente Jean Julien-Laferrière.

Ici, dans la région parisienne, la nature a été plutôt généreuse, avec un grand terrain boisé, une roseraie et une pièce d'eau. "Il fallait en tirer parti et intégrer le site", poursuit l'architecte. Sans cette mare, la forme de la maison aurait été différente. L'homme de l'art tenait à utiliser cet atout : "je voulais vraiment un mouvement autour de l'eau. Que la maison enlace ce point et soit accueillante. D'où le nom".Si la présence d'eau se révèle être un plus esthétique non négligeable pour l'aménagement extérieur, elle n'en reste pas moins un obstacle à la construction. Par conséquent, ce petit étang sera comblé le temps des fondations, puis rouvert par la suite.
  Le terrain, gorgé d'eau ne présentant pas de qualités mécaniques suffisantes, des pilotis de béton de 8 m plantés dans le sol porteront la structure.Avec ces pieux solidement ancrés, des traverses de béton, appelées des longrines, seront installées pour relier les poteaux et former un quadrillage sur lequel les charges reposeront. Le bois apporte ici une double réponse à la situation. Face à un terrain difficile, la légèreté du matériau est un élément déterminant pour une habitation sur pilotis. De plus, son utilisation se révèle ici beaucoup plus économique que la maçonnerie.À l'extérieur, le bois marque son empreinte. L'ossature en douglas de la terrasse est habillée d'un caillebotis en boisexotique dont les lames ont été rainurées afin d'éviter tout risque de dérapage.Que dire sur cet endroit si ce n'est que cette "plage" embrassant l'eau et ses nénuphars appelle au farniente et à l'évasion. Un régal. Tout comme cette splendide terrasse de 70 m2, la maison possède une ossature en douglas sur laquelle sont fixés des panneaux OSB. Dans ce milieu particulièrement humide, les principes constructifs en bois, avec une isolation en laine minérale, sont particulièrement appropriés. Le bardage se compose de lames d'ulmo de 22 mm habillant ce bâtiment de 275 m2.Le revêtement n'est pas traité pour le laisser vieillir naturellement et se patiner d'une teinte de plus en plus grise.
 
Le contreventement
Pour profiter de la lumière et de la vue sur l'extérieur, l'architecte a fait la part belle aux ouvertures. Mais l'imposante surface vitrée courant le long de la façade a posé un épineux problème de contreventement. Pour le résoudre, quelques astuces ont été trouvées. Tout d'abord, pour les parties verticales, un clouage resserré des panneaux OSB sur l'ossature a été nécessaire afin de rigidifier l'ensemble. D'autre part, des éléments métalliques, appelés croix de Saint André, ont été fixés sur le plancher intermédiaire en bois pour assurer une meilleure résistance. D'épais panneaux OSB de 22 mm sont également vissés sur le solivage et les pièces de charpente ont, bien entendu, été très soigneusement triangulées . Enfin la présence de maçonnerie, via l'escalier et la cheminée, accroissent la rigidité de la maison.
Intérieur contemporain
À l'intérieur, les propriétaires, comme l'architecte, ne souhaitaient pas que le bois envahisse les lieux. Sa présence se résume donc aux poutres maîtresses et à un mobilier aux lignes droites et pures. L'intérêt était de fondre le Douglas dans un décor contemporain faisant la part belle au verre et au métal. Au sol, un parquet en dalles d'ardoise couvre le rez-de-chaussée à l'exception de la cuisine où, pour un soucis d'entretien, un carrelage en grès a été posé. Les murs sont simplement couverts d'un placo blanc. Tout est réuni pour créer une atmosphère dépouillée. Pour ne pas rompre cet équilibre, un chauffage au sol a même été installé qui évite les radiateurs muraux disgracieux.

Une attention toute particulière a été portée à l'élaboration de la charpente dans la chambre des parents. Un travail quasi artistique qui ne répond à aucune contrainte technique mais au seul plaisir des yeux. Les entraits ont été remplacés par des tirants métalliques pour donner cette forme rayonnante et le poinçon est à gousset
  intérieur2 intérieur
  Vaste et lumineuse, la maison tourne autour de son point d'eau. Profitant de ce mouvement
et de ses surfaces vitrées, elle est baignée de lumière du matin au soir.
  Le rez-de-chaussée se caractérise par une certaine fluidité et une facilité de communication entre les pièces. Très étendu et lumineux, ce niveau profite d'un éclairage naturel provenant des deux côtés de la maison. L'absence de portes et de cloisons ne bloque ni le regard, ni la circulation de la lumière qui pénètre au Nord par un bow-window et au Sud par la longue verrière. Suivant le principe d'enroulement autour de l'eau, la maison file la course du soleil pour en profiter du matin au soir.

Ce cheminement débute dès la porte d'entrée en verre dépolie et la cuisine qui font face à l'Est pour se poursuivre jusqu'au séjour plein Sud et se terminer par la chambre principale. Les pièces se succèdent ainsi les unes aux autres, d'un bras à l'autre de la maison.Le niveau s'inscrit dans une logique d'espace. Vaste, il est occupé par peu de pièces. La cuisine est ainsi relativement ouverte sur la salle à manger et est simplement marquée par un placard à l'entrée.Ce principe de fluidité est la base de la circulation de la maison et de l'agencement des volumes.
Le séjour se déploie ainsi sur plus de 60 m2 répondant à la volonté d'amplitude voulue par les propriétaires. La maison se poursuit par un dégagement donnant sur une pièce d'eau, puis sur deux dressing marquants l'accès à la chambre des parents. Détachée du volume principal, sa forme cubique lui donne des allures de petites pagode flottant sur l'eau.

Comme le reste de la maison, les murs et le plafond sont en placo blanc. Ici, l'originalité réside dans une très esthétique charpente apparente. Aucune raison technique à cela, juste la volonté d'innover. Au lieu d'un poinçon traditionnel, c'est un poinçon à gousset. Les entraits sont remplacés par des tirants métalliques qui offrent ce superbe rayonnement.

L'étage répond aux mêmes principes d'agencement que le rez-de-chaussée On y trouve quatre chambres de petites tailles, une salle de bain et une buanderie. Une passerelle conduit a une terrasse située au-dessus de la cuisine. Avec ses 25 m2 parés de bois exotique, elle offre une vue panoramique sur l'ensemble de la maison.

Une vraie réussite pour Jean Julien-Laferrière qui avait carte blanche pour cette réalisation. "Les propriétaires m'avaient simplement donnée quelques indications. En fait, depuis l'esquisse jusqu'à la réalisation, il n'y a eu que très peu de modifications. Le fait de travailler en confiance c'est très agréable et cela explique en partie la réussite de cette maison".

cuisine
A l'intérieur le bois est plus discret et se retrouve dans certains éléments de la cuisine ouverte sur la salle à manger.L'idée était en effet de marier la chaleur du bois avec une décoration épurée et un style plus contemporain
entrée cuisine
Située au-dessus de la cuisine, cette terrasse habillée d'un bois exotique offre une vue imprenable sur cette oasis située en région parisienne.

Construit sur un terrain gorgé d'eau, la réalisation
de cette maison de 275 m2 (garage compris) aura nécessité installation dans le sol de pieux de béton de 8 m. Cette opération effectuée, des longrines posées dessus supportent le poids de la maison et de son ossature en douglas sur laquelle sont fixés des panneaux OSB. L'isolation est assurée par de la laine de verre. Le bardage se compose de lames d'ulmo de 22 mm non traitées. La terrasse également en douglas est couverte de bois exotique.

Architecte : Jean Julien-Laferrière - Lyon (69)
Charpentier : Jean-Marc Dufix /Roche-la-Molière (42)
terasse
 
Nous remercions la rédaction de  Maisons & Bois International
pour leur aimable autorisation de publication.
maisons
& Bois
  Voir la réalisation  >  Remonter > 
     Architecture
Lire les articles > 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21
et  Bois  Accueil > Presse   | Maisons | Extensions | Collection | Contact |