Particuliers, architectes, constructeurs d'habitations individuelles... Il y avait foule en octobre, lors de la 11e édition du Salon Maison bois d'Angers. L'annonce d'une prochaine mise au placard des maisons « de maçon » ? Pour le Comité national de développement du bois, «ce type d’habitation affiche depuis dix ans un taux de croissance très supérieur à celui du marché traditionnel». Pour autant, avec moins de 10% de maisons en bois construites en 2009, notre pays reste à la traîne en comparaison de la Belgique (15 %), de l'Allemagne (30%), de la Finlande (40 %) et de l'Amérique du Nord (90 %). Mais la vogue de l'écologie accélère la tendance. En effet, ce matériau naturel renouvelable et capable de stocker le CO2 minore l'inquiétant effet de serre. «Douze fois plus isolant que le béton, il permet de construire deux fois plus vite des maisons quatre fois plus légères», milite l'architecte Stéphane Béranger. Avec à la clé| une facture de chauffage divisée par trois grâce à l'absence de ponts thermiques. Ce qui compensera peu à peu le sur coût actuel, estimé entre 10 et 15%, «Autre critère majeur, les nuisances de chantier sont réduites a travers une préfabrication d'une grande fiabilité», souligne le PDG d'Ossabois, Pascal Chazal. |
Liberté, esthétisme, souplesse... le bois offre aux architectes un potentiel et une liberté de création rarement égalés. Ainsi, l'ossature bois est prisée pour ses performances thermiques et acoustiques, tandis qu'une structure « poteaux-\ poutres » dégage de grands espacespropices à l'installation de larges baies vitrées. «Il s'agit d'un travail assez complexe qui nécessite d'être réalisé par des techniciens hautement qualifiés. La sensation zen qui se dégage des lieux peut s'expliquer par le fait que l'on habite une maison "respirante". Elle régule la vapeur d'eau qui passe au travers des parois, sans impression de renfermé ou de Cocotte-minute », constate Romain Lucas, maître d'œuvre de ce type de projet. Récemment installé à Issy-les-Moulineaux (92), dans une maison en pin du Vorarlberg produisant plus d'énergie qu'elle n'en consomme, l'architecte Pascal Gontier ne tarit pas d'éloges sur son choix : « Outre une incomparable sensation de bien-être, notre sweet home en bois distille du rêve au quotidien. Nous avons l'impression de vivre dans une maison de vacances ! » Mieux, les maisons en bois, économes et bonnes pour le moral, sont conçues pour résister plus d'un quart d'heure aux incendies, répondant aussi aux futures règlementations environnementales et thermiques, de plus en plus sévères. De quoi donner un sacré coup de vieux à l'histoire de la maison des trois petits cochons... B.M.-V. |
  Insolites. Pilotis et mélèze pour la maison de Bernard Quirot, en Haute-Saône (ci-dessus), lattes de pin du Vorarlberg pour celle de Pascal Gontier, à Issy-les-Moulineaux: l'habitat individuel en bois marie souvent architecture audacieuse et avant-gardisme écologique. |